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3 juin 2014

Du blockbuster Spiderman à l’opéra Don Giovanni : les inspirations d’Antù Romero Nunes

  • Antù Romero Nunes © DR

« Finalement, nous non plus, nous ne voudrions pas mourir en regardant Peter Parker »

« Je crois que je suis amoureux. Ce n’est qu’une émotion…faut que ça passe » Antù Romero Nunes (extrait du Journal Premières, samedi 7 juin 2008). Né à Tübingen en 1983, Antù Romero Nunes a suivi des études de théâtre (régie et mise en scène) à la prestigieuse École Ernst Busch en Allemagne, à Berlin, et au Chili en tant qu’assistant à la mise en scène pour le théâtre et le cinéma.

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C’est en 2008, lors de la 4e édition du Festival Premières que son spectacle Don’t Wanna die Watching Spiderman 3 est programmé. C’est la rencontre de fin d’études de trois berlinois, deux comédiens (Nils Kahnwald et Simon Bauer) et un metteur en scène (Antù Romero Nunes). En parlant de leur pièce, les deux comédiens déclaraient : « On voulait que le texte vienne de nous ». Les trois artistes souhaitaient dénoncer les clichés des films (vrai amour, vie parfaite) à partir du mythe du super héros Spiderman. Sur le plateau, deux hommes marchent vêtus d’une veste noire et d'un tee-shirt rouge, ils sont à la fois narrateurs et personnages principaux de l’action. Sur un écran, à l’arrière, sont projetés des extraits du blockbuster Spiderman 3. Les comédiens confrontent leurs propos aux images diffusées via l’écran. Des stéréotypes sont mis en lumière et le spectateur se reconnaît dans son quotidien. Dans sa mise en scène, Antù Romero Nunes reprend des scènes mythiques du film en les détournant et en insérant des références à des auteurs tels que Friedrich Nietzsche ou Roland Barthes. Les deux comédiens incarnant Spiderman ne volent pas très haut dans les airs et regardent le monde avec légèreté. « Finalement, nous non plus, nous ne voudrions pas mourir en regardant Peter Parker, mais nous nous laissons très facilement embarquer par la bonne humeur et le dynamisme des comédiens » (extrait du Journal Premières, samedi 7 juin 2008).

Don Giovanni. Letzte Party - Eine Bastardkomödie : entre opéra et théâtre

Rapidement repéré en Allemagne pour son talent mêlant humour et liberté, il revisite des textes du répertoire contemporain et classique. En résidence au Théâtre Maxim Gorki à Berlin, de 2010 à 2013, il met en scène Das Prinzip Meese d’Oliver Kluck, qui lui permettra d’obtenir le titre du meilleur jeune metteur en scène de la revue Theater Heute. Puis il met en scène Rocco et ses frères d’après Luchino Visconti et La Famille Schroffenstein d’Heinrich von Kleist. Invité ensuite au Schauspiel de Francfort, au Burgtheater de Vienne et au Thalia Theater de Hambourg où il est en résidence depuis le début de l’année 2014. En juin 2013, au Staatsoper de Munich, il a mis en scène son premier opéra, Guillaume Tell. Il reproduit l’expérience en mettant en scène Don Giovanni. Letzte Party - Eine Bastardkomödie d’après Wolfgang Amadeus Mozart et Lorenzo Da Ponte. Première en France, le spectacle est en allemand surtitré en français et sera programmé cet été lors de la 68e édition du Festival d’Avignon. En s’inspirant de Mozart et Da Ponte, Antù Romero Nunes traite de la liberté dans l’opéra et le théâtre. Le héros n’est pas seulement un séducteur, il se met à l’épreuve et attend beaucoup de la vie. Les êtres humains doivent vivre ensemble et faire renaître la liberté. La musique de Mozart apporte de l’énergie et de la légèreté au jeu des comédiens présents sur la scène. Le héros d’Antù Romero Nunes a un lien étroit avec la mort qui lui rappelle qu’une vie à un début et une fin. À découvrir à l’Opéra Grand Avignon du 8 au 11 juillet 2014 !

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