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3 avril 2014

Kornél Mundruczó, cinéaste et metteur en scène invité à Cannes et au Festival d'Avignon

  • Kornél Mundruczó © DR
  • Disgrâce © DR

Invité en 2008, Kornél Mundruczó, metteur en scène d’origine hongroise, avait marqué les esprits par son adaptation The Frankenstein Project. Trois années plus tard, le public alsacien a pu découvrir Hard to be a god à La Filature de Mulhouse puis Disgrâce au Maillon, Théâtre de Strasbourg.

Une découverte française

Son parcours et ses premiers pas au théâtre

Diplômé de l’Université hongroise de cinéma et d’art dramatique, Kornél Mundruczó réalise depuis 1999 des courts et longs métrages. C’est en 2003 qu’il commence à s’intéresser au théâtre. Aux côtés d’Yvette Bíró, il co-écrit The Frankenstein Project et le met en scène en 2007 au Théâtre Bárka de Budapest. C’est avec ce spectacle que Kornél Mundruczó est accueilli, pour la première fois en France, à l’occasion de la 4e édition du Festival Premières.

Plusieurs prix internationaux

Le metteur en scène réalisateur a reçu plusieurs prix dont le Grand Prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique reçu au Festival de Cannes en 2008 pour son film Delta.


Son retour en France en 2012

En 2012, le festival d’Avignon coproduit son adaptation du roman du sud-africain John Maxwell Coetzee : Disgrâce, repris au Maillon en 2014. Dans sa mise en scène, Kornél Mundruczó soumet au public un constat peu réjouissant de l’Afrique du sud post-apartheid. Tout en restant fidèle aux écrits du Prix Nobel de Littérature 2003, John Maxwell Coetzee, il propose une vision du monde actuel rythmée par les inégalités déjà présentes en Afrique et exhibe un tableau dérangeant de la société. A la fois bouleversant et violent, le spectacle fait ressurgir la peur d’une communauté sujette à des changements dans le quotidien et les mœurs.

*Disgrâce au festival d’Avignon : une mise en scène à vivre et à éprouver

Disgrâce : entre violence, réalisme et dénonciation

Le récit relate la vie d’un professeur d’université blanc, David Lurie, dont la vie bascule lorsqu’il est accusé d’entretenir une relation avec une jeune étudiante. Son quotidien s’effondre et à 52 ans, trois divorces, des aventures douteuses, il décide de changer de vie en allant vivre chez sa fille Lucy.

Cette dernière vit dans un lieu reculé où elle élève des chiens, leur relation est tourmentée et animée par la violence. L’enseignant quitte sa ville et son emploi pour éviter un procès qui l’exposerait aux regards dénonciateurs et accusateurs de la population.

Les personnages sont en phase de reconstruction, certains sont envahis par un sentiment de haine et d’autres croient en la possibilité d’un avenir meilleur, d’une étincelle au fond de cette noirceur. La pièce n’est pas une solution à la situation actuelle mais une lueur d’espoir à partager entre spectateurs.

L’impact des comédiens dans la sauvagerie du monde

Dans Disgrâce, le metteur en scène traite de l’Afrique du Sud sans pour autant écarter ses origines hongroises et les préoccupations des habitants d’Europe de l’est : la perte d’un travail, la solitude, le manque d’argent, l’exclusion…

Dans une mise en scène mêlant théâtre et musique, Mundruczó propose des portraits représentatifs des habitudes, certitudes et traditions de l’Europe. Sur scène, et comme souvent dans ses films et spectacles, les comédiens sont engagés au point parfois de déstabiliser le public.

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