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Credits : Poste 4 / Développlan

4 juin 2015

EXPÉRIENCE EXCLUSIVE

  • (c) Thomas Lenden

AVEC RULETM, EMKE IDEMA PROPOSE UN JEU AUQUEL LE SPECTATEUR EST INVITE A PARTICIPER – SOUS PEINE D’ETRE DISQUALIFIÉ.

Dans les mises en scènes contemporaines, il est devenu presque commun de déroger aux règles du théâtre classique. La transgression la plus élémentaire et la plus courante est de faire exister le quatrième mur en l’écrasant, jouant pour ce faire avec le spectateur, soit en quittant la scène pour aller le rejoindre dans les gradins, soit en l’invitant sur scène au grand dam de l’heureux élu. Emke Idema va encore plus loin en invitant tous les spectateurs sur le plateau. Plutôt que de transgresser les règles classiques du théâtre, la jeune metteuse en scène néerlandaise adopte celles du théâtre participatif ou forum. Sa pièce RuleTM est un jeu dont les règles simples se définissent ainsi : une question est posée et le spectateur, devenu acteur, se place selon sa réponse – oui ou non – sur l’un des deux podiums présents sur scène. Il doit ensuite justifier sa réponse en s’adressant à tous dans un microphone. S’il refuse, il est disqualifié. Si les questions posées portent sur notre hospitalité et sur les limites de notre rapport à l’Étranger, par sa forme, ce jeu pousse le spectateur à s’interroger sur le poids des influences extérieures dans ses prises de décisions et lui fait ainsi ressentir les sentiments d’appartenance ou d’exclusion.

Pourquoi faire le choix du théâtre participatif et quel rôle reste-t-il au metteur en scène ?

RuleTM est une performance qui prend la forme d’un jeu auquel les spectateurs sont invités à jouer. Je ne veux pas limiter leur liberté de jeu en leur expliquant et leur imposant ma représentation d’une performance idéale.

Comment peut-on créer une pièce de théâtre participatif sans répéter ?

Mon but était de construire une structure de jeu autour des thèmes de la migration et de l’hospitalité. Le jeu devait être adapté pour un groupe et déclencher des réactions chez les joueurs. Sans comédien et donc sans public, je ne pouvais que m’imaginer la dramaturgie de la performance. Mon équipe artistique et moi avons donc imaginé des milliers de scénarios avec des réponses possibles. C’était abstrait, mathématique et logique.

La forme a-t-elle influencé le fond, ou le fond la forme ?

Les deux, je pense. J’ai ressenti un manque d’engagement pour les grands sujets politiques. Je voulais créer un espace dans lequel on peut jouer à savoir ce que c’est d’être politique. La forme et le fond ont donc évolué ensemble.

Quelle est la part d’inconnu dans la pièce et y a-t-il des phénomènes récurrents ?

La part d’inconnu est grande et chaque performance est différente. Et bien sûr, je vois apparaître des structures récurrentes.

Camille Chanel

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